Près de la moitié des Français (49%) ont déjà réalisé des travaux de rénovation énergétique, selon les résultats d’une étude publiée par le réseau Cler en mai 2025. Parmi ces travaux, on compte des opérations lourdes, mais aussi des petites actions qui peuvent donner l’illusion de la simplicité. Or, un chantier de rénovation énergétique globale ou même un bouquet de travaux conséquent, cela se prépare et cela s’accompagne. Voici les grandes étapes de la rénovation énergétique jusqu’à la réception.
1 – Le diagnostic : point de départ de tout le projet
Le diagnostic énergétique identifie les déperditions thermiques et mesure la performance des équipements. Cet audit doit être mené par un professionnel qualifié. Un bon diagnostic permet de prioriser les interventions et d’éviter les erreurs coûteuses (ventilation absente après des travaux d’étanchéité, équipements mal dimensionnés…).
Il faut aussi tenir compte des usages réels (habitudes de chauffage, configuration des pièces) et intégrer les spécificités architecturales du bâtiment (maison mitoyenne, logement ancien, zone classée…). Ce document fournit par ailleurs des éléments indispensables pour bénéficier des aides à la rénovation comme MaPrimeRénov’.
2 – Rénovation globale ou par étape ?
La rénovation globale est privilégiée pour un traitement plus efficace et un calendrier resserré. Cette approche est aussi éligible à des aides spécifiques, souvent plus élevées.
Dans ses « récits de la rénovation énergétique », le réseau Cler partage le témoignage d’un propriétaire de maison individuelle construite en 1960. Il explique avoir « adopté une approche plus cohérente en rénovation globale, plutôt que de procéder par étapes ». « Cela m’a non seulement permis de mieux structurer le projet, mais aussi de bénéficier de l’ensemble des aides financières disponibles », a-t-il confié.
Toutefois, une rénovation par étapes peut s’imposer si le bâtiment présente des contraintes particulières ou si le financement pose problème. Une planification rigoureuse du chantier doit alors permettre d’éviter les incompatibilités entre les lots.
3 – La sélection des bons interlocuteurs
Le maître d’ouvrage choisit ses partenaires : un architecte pour les projets complexes, un bureau d’études thermiques pour valider les choix techniques, un assistant à maîtrise d’ouvrage (AMO) pour coordonner le tout.
Chaque professionnel doit présenter les assurances à jour et, pour les entreprises de travaux, une qualification RGE correspondant à leur spécialité. Sans cette mention, l’accès aux aides financières est impossible.
Certains projets peuvent intégrer un accompagnement financé, comme celui proposé dans le cadre de MaPrimeRénov’.
4 – L’identification des corps de métier nécessaires
Isolation des murs, remplacement des menuiseries, installation d’un système de ventilation, mise à niveau du chauffage… Chaque opération requiert des compétences ciblées. Le diagnostic énergétique guide la sélection des lots, mais c’est au maître d’ouvrage, accompagné ou non, de consulter les entreprises et de structurer les interventions.
Certains travaux peuvent ne pas être directement liés à la performance énergétique mais conditionner le bon déroulement des opérations et la pérennité des ouvrages mis en œuvre. Une couverture de toiture en mauvais état peut, par exemple, entraîner des infiltrations d’eau. Il faut alors trouver un artisan couvreur expérimenté, capable d’intervenir dans les délais, en coordination avec les autres corps de métier.
5 – L’organisation des travaux dans le bon ordre
Une rénovation bien planifiée suit une logique d’enchaînement technique.
On commence par le gros œuvre, on poursuit avec l’enveloppe (toiture, murs, menuiseries), puis on traite les équipements (chauffage, ventilation). Une mauvaise séquence peut retarder considérablement le chantier et entraîner des surcoûts.
Le calendrier de chantier doit tenir compte des délais d’approvisionnement, des conditions climatiques et de la disponibilité des entreprises. Il doit aussi intégrer des paramètres comme les temps de séchage, les contraintes de sécurité ou les phases de contrôle.
Si le logement reste occupé, il faut aussi échelonner les travaux de façon à ce que le bâtiment reste fonctionnel avec un minimum de contraintes.
6 – La vigilance pendant les travaux
Chaque chantier présente des risques spécifiques. Matériaux anciens, humidité, présence d’amiante, réseaux enterrés mal identifiés… Ces contraintes auront été révélées par le diagnostic et une bonne préparation permettra d’éviter les imprévus et les accidents.
Les outils de prévention édités par la FNTP et l’OPPBTP aident à anticiper les risques et les contraintes liés au travail à proximité des réseaux, à la gestion des déchets ou encore aux conditions météorologiques (fortes chaleurs, gel).
Sur le terrain, l’entreprise doit intégrer ces éléments à ses procédures. Le maître d’ouvrage peut demander à vérifier leur prise en compte dans le PPSPS ou dans les plans de prévention spécifiques.
7 – La réception des travaux et la prise en main
La réception marque la fin contractuelle des travaux. Elle doit se dérouler en présence du maître d’ouvrage et de l’entreprise principale, ou de chaque entreprise si les lots sont séparés. Elle peut être assistée par un AMO ou un maître d’œuvre, surtout en cas de rénovation globale.
En cas d’anomalie, le maître d’ouvrage peut formuler des réserves par écrit. L’entreprise dispose alors d’un délai pour les lever. Le procès-verbal de réception signé (avec ou sans réserve) marque le début de la période de garantie.
La rénovation énergétique ne s’arrête pas à la réception. Pour garantir les gains dans la durée, il faut surveiller les consommations, entretenir les équipements (VMC, pompe à chaleur, chauffe-eau) et maintenir un réglage optimal. En cas de rénovation globale, un suivi à un an est parfois proposé. Il permet par exemple de faire le point sur les écarts entre le calcul théorique et la consommation réelle afin de trouver des solutions.






